Et si nous vivions une nouvelle Renaissance… ?

« Nous participons au plus grand des récits imaginables ». Cette phrase d’Edgar Morin en dit long sur l’humanité en général, mais aussi  sur la mutation extraordinaire que nous vivons actuellement. Ce récit dont nous faisons partie va continuer, mais nous ne savons pas dans quelle direction. Les enjeux grimpent, avec une pression inouïe sur la biosphère, mais aussi des possibilités de métamorphoses fantastiques. Et grâce aux sciences et technologies, les relations entre les hommes se dirigent vers des horizons imprévisibles.

 

Une nouvelle renaissance …

Selons certains, un tel bouleversement de notre rapport au monde n’a pas été vu, en Europe, depuis la renaissance. Peut-on alors qualifier notre époque de renaissance ? Rien n’est moins sur. Si pouvions remonter le temps et interroger des Italiens ou des Flamands de la fin du XVème siècle, ils seraient sans doute bien embarrassés de décrire leur renaissance. « Rinascita » en italien, ne désignait alors, pour une élite, que la redécouverte des lettres et des arts de l’Antiquité. Les contemportains de Da Vinci ne percevaient pas du tout le bouleversement général qu’allaient provoquer l’invention de l’imprimerie, la découverte de l’Amérique ou, bientôt, la révolution cosmologique de Copernic. Et par-dessus tout cela, ou par en dessous, l’émergence du projet radical de la liberté individuelle.

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Les parallèles avec notre temps sont néanmoins tentants. Internet amplifie les communications humaines comme jadis l’imprimerie, mais de façon exponentielle. Le surgissement des nouvelles puissances économiques chamboule les équilibres géopolitiques et déplace le centre de gravité du monde. Quant à la liberté individuelle, elle a imposé le marché mondial avec sa puissance et ses injustices. Il a suffi de moins que cela à la Renaissance pour faire bifurquer l’histoire.
Pas d’angélisme : tout cela se produit, comme il y a cinq cents ans, dans le fracas et la tourmente d’un accouchement parfois monstrueux. A l’époque, début de l’holocauste des Amérindiens et guerres de religion. Aujourd’hui, destruction de la biosphère, doutes sur le nucléaire, crises énergétique et alimentaire, pour ne prendre que quelques exemples, tous terribles.

 

Ou une nouvelle ère ?

Le philosophe Michel Serres estime qu’il faut remonter beaucoup plus loin, à la révolution néolithique d’il y a dix mille ans, pour trouver une mutation aussi puissante que celle que nous traversons.

Cette mutation touche aussi le monde des dirigeants et des entreprises. Dans le monde ouvert d’aujourd’hui, entreprendre va bien au-delà d’un statut, nous devenons tous fournisseurs de solutions grâce à la technologie. De nouveaux modèles économiques voient le jour. Plus qu’une transition, le changement dont nous sommes tous témoins, tant sur le plan privé que professionnel est une révolution qui bouleverse et continuera de bouleverser nos modes de vie durablement. À nous de l’accueillir les bras ouverts et ne pas être seulement spectateur de ce changement majeur. Ce serait comme voyager avec des trains à vapeur alors que blablacar est à portée de mains. Il faut donc être  acteur de la révolution. Et pourquoi pas un peu conspirateur du futur 

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