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Les Médias, Oiseaux De Mauvais Augure ?

Les médias, oiseaux de mauvais augure ?

Le monde va-t-il si mal que cela ? C’est ce que semble penser une partie de mes interlocuteurs. je crois que cette vision est exagérée. Sans tomber dans l’optimisme béat, j’estime que nous vivons dans un monde et un société certes imparfaits, mais que les raisons de nous réjouir sont nombreuses. La vraie question est peut-être celle de notre perception, et du rôle des médias dans celle-ci.

Ce weekend, j’ai eu le plaisir de participer à une conférence en Normandie, en compagnie de Stenka Quillet,  journaliste, reporter et écrivain, spécialiste des questions agricoles et du bio. Alors que nous donnions la parole au public, nous avons été interpellés par un participant, qui affirmait que le monde va mal ! Est-ce vraiment le cas ?

Entre gris clair et gris foncé

Loin de moi l’idée de dire que tout va bien, sans nuance. La réalité est sans doute entre les deux, complexe et changeante. Ce qui est aussi déterminant, c’est la perception que nous avons de cette réalité en tant qu’ être humain, citoyen, entrepreneur,…

Dans les échanges qui ont suivi l’intervention évoquée plus haut, le rôle de la presse a été évoqué. Selon certains participants, en relayant les mauvaises nouvelles, elle favoriserait une vision négative du monde et aurait un rôle anxiogène. Je crois, là aussi, qu’il faut nuancer. Mais personne ne peut contester le rôle de la presse. Je l’élargirais à celui de l’information, qui se déplace de plus en plus des canaux traditionnels vers le web et surtout les réseaux sociaux…

Dans le cadre d’un projet du Fonds National Suisse (FNS), le KOF, centre de recherches conjoncturelles, a évalué divers indicateurs de l’insécurité applicables à la Suisse. Un des principaux indicateurs est l’indice EPU (« Economic Policy Uncertainty »), basé sur des articles de presse. L’indice s’appuie sur l’idée de dénombrer les articles contenant les mots incertitude, économie et des termes d’économie politique tels que impôts, réglementation ou budget.

L’indicateur essaie de reproduire l’insécurité ressentie d’une économie nationale et repose sur l’hypothèse que les journaux reflètent le sentiment général de la population. L’approche intuitive, la disponibilité immédiate ainsi que les longues séries temporelles rendent cet indicateur particulièrement attrayant d’un point de vue scientifique. Le KOF calcule chaque jour l’indice EPU pour la Suisse et le fournit à compter de l’année 1900. L’indicateur repose à cet effet sur les articles de la Neue Zürcher Zeitung et du journal Le Temps.

Les premiers résultats montrent que les événements les plus variés ont entraîné une hausse de l’insécurité en Suisse au cours de 25 dernières années. Il apparaît par exemple que des événements comme la crise immobilière des années 1990, la guerre en Irak et l’abandon du taux de change plancher début 2015 ont été sources d’augmentation de l’incertitude.

L’indice EPU mesuré d’après les articles de la Neue Zürcher Zeitung et du quotidien Le Temps suggèrent toutefois en même temps que l’incertitude a de nouveau quelque peu décliné au cours des derniers mois. D’un point de vue économique, nous devrions donc aussi nous rassurer un peu, ce qui entraînera, espérons-le, une atténuation de l’hystérie sociale, politique et sociétale liée à l’insécurité.

L’incertitude et l’insécurité entraînent un changement de paradigme. Les batailles rangées, les affrontements entre nations sur des champs de bataille clairement définis, ont laissé la place à des guérillas, à des attaques terroristes aléatoires et imprévisibles. Dans la vie quotidienne des individus, les couples rangés qui suivent un modèle pré établi et prévisible deviennent improbables. Les relations clients ou de couples deviennent incertaines. Bref, le monde VUCA (Volatile, Incertain, Complexe et Ambigu) s’enracine. Mais n’oublions pas que ce monde peut aussi être vu comme Vibrant, Unreal, Crazy et Astounding.

Ma conclusion est simple. Apprendre à décoder les médias et leur rôle, la fiabilité de l’information et le canal utilisé, constituent un investissement urgent pour penser l’avenir de manière positive. Car en définitive, seules les personnes positives trouveront les bonnes solutions pour les autres et pour elles-mêmes ! Et n’oublions pas qu’en plus, aujourd’hui, nous sommes toutes et tous potentiellement des médias pour notre communauté !

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