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Paysan Ou Artisan  Dans Un Monde En Plein Dépassement

Paysan ou artisan dans un monde en plein dépassement

Rural, attaché à ma terre, fils de paysan, j’aime à croire que je suis, moi aussi, porteur de l’esprit paysan. Et à l’heure des bouleversements climatiques, je pense que la paysannerie, comme l’artisanat, sont des modèles d’avenir, à la campagne et à la ville. 

Qu’est-ce qu’un paysan, finalement ? Les définitions varient. Techniquement, un paysan serait une personne de la campagne qui vit de la culture du sol et de l’élevage des animaux. Dans la bouche de certains (de moins en moins nombreux heureusement), c’est quelqu’un qui ne connaît pas les usages ni les excès de la vie citadine. Ou bien un homme (ou femme) de bon sens à l’allure rustaude, qui étonne par une franchise brutale. De ces définitions, je retiendrai la terre, le bon sens, une certaine frugalité et la franchise.

Dans cet article, je prends l’exemple paysan, comme alternative au modèle agricole dominant. Je pourrais aussi bien discuter de l’artisanat, comme alternative aux pratiques de production industrielle.

Vivre comme un paysan : l’avenir pour préserver notre planète…

Je publie cet article le 29 juillet 2019, « Jour du dépassement », qui signifie que nous avons déjà consommé les ressources que la planète est capable de produire en un an et émis plus de déchets et de gaz à effet de serre qu’elle peut absorber. Et ce jour arrive plus tôt chaque année. En 2009, c’était le 24 août, En 1971… le 24 décembre. Le vrai défi écologique, c’est vivre de plus en plus nombreux sur une planète non extensible. Pour y répondre, je crois que la pensée paysanne est une solution… pour tous.

Paysan et citadin : une opposition à dépasser

Un véritable retour à la terre se profile en Europe, en Belgique et en France notamment. Chaque année, des milliers de personnes reviennent à la campagne et créent leur potager, leur surface de culture et deviennent maraîchers et permaculteurs. Voire créent leur ferme. A la ville, les potagers urbains sont en plein boom également. Aujourd’hui, les potagers et jardins partagés ainsi que les initiatives d’agriculture urbaine et périurbaine voient le jour et se multiplient à un rythme soutenu.

Au niveau alimentaire, cela se traduit par exemple par des initiatives personnelles pour se réapproprier son assiette. Etre attentif à ce qui garnit notre assiette, à notre santé tout en faisant évoluer sa façon de consommer, plus responsable, plus respectueuse de la biodiversité et de l’environnement sans que ce soit un frein économiquement, c’est le raisonnement de plus en plus de gens, notamment de citadins. La proportion augmente dans le monde entier.

Les risques d’une récupération

Une frange de la population, à la ville comme à la campagne, se dirige donc vers plus d’autonomie alimentaire. En quelques clics, on apprend à cultiver son potager, à élever ses poules ou à récupérer son miel. Mais ce n’est pas gagné pour autant. Malgré ses indiscutables avantages, cette production personnelle et locale, qui n’est pas destinée à l’industrie agroalimentaire et à l’exportation, ne représente que très peu de volume, n’a pas d’effet particulier sur les principaux défis liés à l’agriculture (effets sur les sols, les eaux, la biodiversité…) et pas n’assure pas la bonne santé des récoltes. Et le marché ne met pas longtemps à s’adapter. Il a déjà transformé les agriculteurs du dimanche en cible marketing. Le chemin est encore long mais rempli de bonne volonté.

Paysans de nature

Si on s’accorde sur le fait que l’agriculture intensive, façon «ferme des 1.000 vaches», n’est pas une voie souhaitable pour l’avenir (malgré le soutien des politiques européennes notamment),  il reste à définir ce que doit être une agriculture moderne et compétitive.

« on n’exploite pas notre terre, on la cultive »

En France, le réseau « Paysans de nature » (https://paysansdenature.fr/) m’inspire beaucoup. Ces paysans de valeur sont également de parfaits managers. Leurs fermes prennent en compte la biodiversité sauvage comme un élément totalement intégré à la gestion de l’exploitation agricole. Chaque ferme est un conservatoire. Et pas que d’espèces remarquables. Mais aussi de ce que l’on appelle la nature « ordinaire », indispensable à notre vie. Moineaux, abeilles, coccinelles, vers…  L’objectif de ce réseau est la valorisation, la promotion et la diffusion d’expériences agricoles vertueuses.

Cela semble fonctionner même comme dans tout business il y a des facteurs clés de succès à avoir pour viabiliser chaque exploitation et garantir un revenu décent à l’agriculteur !

Protection de l’environnement, valorisation des produits (bio) en circuit cours, tout cela crée des emplois… et des vocations ! Ce qui différencie les paysans de nature des agriculteurs traditionnels, c’est que chez les premiers, chaque espèce, animale ou végétale, sauvage ou domestique, a sa place. Pour résumer : « on n’exploite pas notre terre, on la cultive », comme aiment à le dire Jean-Louis et Sophie Bonnin, éleveurs dans le Maine-et-Loire.

S’appuyer sur les « Consom’Acteurs » !

Etre paysan, ou artisan, c’est aussi revenir à une forme de bon sens qui tend à se perdre. Les nouveaux « consom’acteurs » veulent faire bouger les lignes. S’appuyer sur eux est capital pour amener un changement plus rapide des comportements de consommation, plus locale et plus transparente. Des jeunes agriculteurs s’engagent dans cette voie, comme près de moi, Henri Louvigny (https://fermelouvigny.be/). Éleveur de limousines en bio, il utilise aussi savamment les nouvelles technologies pour associer au plus près de sa production ses clients : site internet, réseaux sociaux, réservation en ligne, co-création de produits qui ont du goût,…. Lors de la Foire Agricole de Libramont, la plus grande foire de plein air d’Europe, il s’est vu remettre le Trophée « Agriculteur de valeur » qui récompense des pratiques innovantes et de qualité.

A la ville comme à la campagne, développer cet état d’esprit paysan pour pour préserver notre planète, la biodiversité et les relations humaines est sans doute le défi le plus important. Si la consommation est le reflet de la société, alors œuvrons à ce que la société devienne le reflet d’une consommation de plus en plus durable, équitable et locale ! En ce jour du dépassement, dépassons-nous !

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