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Penser Les Circuits Courts Au-delà De La Filière Alimentaire

Penser les circuits courts au-delà de la filière alimentaire

Les “circuits courts”, c’est tendance ! Mais c’est aussi une véritable solution pour promouvoir une économie locale, saine et durable. Souvent envisagés dans le cadre du commerce alimentaire, ils peuvent dynamiser d’autres secteurs plus originaux. Démonstration !

La notion de circuit court est à la mode, et c’est tant mieux. Du moins dans le discours. Mais en parle-t-on pour se donner bonne conscience ou parce qu’il est impératif de réinventer un modèle de consommation basé sur les richesses locales et sur la proximité ?

Penser un circuit court “non-food”

Aujourd’hui, le concept s’applique avant tout au secteur food (alimentaire). C’est bien, mais c’est peu. Non seulement la part de marché du « court » dans le secteur alimentaire est minime, mais surtout, le secteur est marginal, si on le met en perspective avec le non-food. Dès lors, il me semble nécessaire d’élargir le concept et l’application du circuit court à l’ensemble de l’économie. C’est, à coup sûr, un moyen de peser sur les alternatives de production et de consommation à l’échelon local. Bref, on se trouve là dans l’économie endogène qui se construit au départ d’écosystèmes où les interactions avec toutes les parties prenantes d’un projet favorisent la résilience et la richesse du système !

Portrait robot

D’un point de vue théorique, le concept de circuit court « non-food » peut-être perçu comme une méthode vertueuse qui tend à allier la production de services, la socialisation, un ancrage sur le territoire et une forme d’éducation des citoyens acteurs et clients, les fameux consom’acteurs.

Voici quelques caractéristiques des circuits courts « non alimentaires ».

  • Les parties prenantes sont constituées d’1 à 2 intermédiaires maximum. La viabilité économique doit être assurée tout au long de la filière de commercialisation (création, transformation, distribution, ). Quant aux processus de production, de transformation et de commercialisation, ils doivent être transparents. Enfin, l’appel à des fournisseurs locaux et clients locaux est prioritaire.
  • Les circuits de proximité géographique et relationnelle favorisent prioritairement l’ancrage local de l’ensemble des acteurs de la filière, des entreprises de type familial, de taille humaine, ainsi que les liens de confiance et de solidarité de toutes les parties prenantes qui établiront des relations privilégiées et de complémentarité/synergies.
  • Les produits (biens ou services) répondront aux attentes de la société en termes d’environnement, de santé publique et d’éthique. Les matières utilisées seront recyclables ou permettront un tri optimal des déchets. Les choix des matériaux utilisés seront en lien avec le développement durable. Et les modes de production respectueux de l’environnement : moins de transport, CO², produit non nocif pour la santé, transparence de l’origine et choix des matériaux et marchandises.

Des commerces, artisans et services de proximité

Cette définition englobe différents types de commerces et de services. dressons-en une liste incomplète :

  • Il y a bien entendu les métiers d’artisanat traditionnels : coutelier, verrier, ébéniste, travail du cuir, maroquinier, cordonnier, ferronnier, garnisseur, tailleur de pierre, etc.
  • Les épiceries et commerces de village ou de quartier peuvent aussi trouver un nouveau souffle grâce aux circuits courts. ¨Partout, de jeunes entrepreneurs ou des coopératives citoyennes reprennent des supérettes qui allaient fermer leurs portes. Près de chez moi, le Carrefour Paysan mérite un intérêt certain, de même que l’épicerie coopérative « Cœur de Village » qui a ouvert en 2018 à Bellefontaine.
  • Dans nos régions le tourisme aussi peut se renforcer grâce aux circuits courts. Le tourisme de masse n’a plus la côte. Nos visiteurs souhaitent une expérience personnalisée et authentique. Les hébergements, campings, restaurants gagnent donc à recourir aux artisans locaux. Ainsi, la grappe d’Or à Torgny a directement fait appel à un artisan de Tenneville pour réaliser ses tables.
  • N’oublions pas les services à la personne qui, par définition, se pratiquent en circuit court : accueil à domicile, crèche, repassage, titres-services, entretien de jardins, …
    L’habitat aussi peut être envisagé sous cet angle. Nous avons les matériaux et les artisans pour créer, rénover et entretenir un bâti de qualité.
  • La culture et l’éducation, c’est une évidence, peuvent utiliser des circuits court, et ce n’est absolument pas incompatible avec l’ouverture sur le monde.
  • La finance, trop souvent oubliée en la matière, regorge de possibilités. Les monnaies locales en sont un exemple.
  • Et finalement… l’alimentation.

Bref, la consommation est le reflet de la société et la société est le reflet de la consommation. Les circuits courts food et non food ? Effet de mode et d’annonce ? Ou prise de conscience que penser global n’interdit pas d’agir local ? Votre avis m’intéresse…

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